Les sommeliers ont participé lundi 25 janvier à une dégustation comparative à l'aveugle de vins bouchés avec capsule à vis* et avec bouchon en liège. Les vins sélectionnés étaient plutôt haut de gamme et sur des millésimes remontant à 2005. Quand la capsule à vis fait sauter les idées reçues...
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Si le marché français s'ouvre peu à peu à la capsule à vis, il reste encore assez conservateur. Comparativement, la Nouvelle-Zélande conditionne 95% de ses vins en capsule et l'Australie 85%. Pourtant si le consommateur n'est pas habitué, et de ce fait pas encore demandeur de ce type de bouchage, la capsule a plus d'un argument positif à son actif, comme notre dégustation nous l'a démontré.
Sur l'ensemble des vins goûtés, nous avons pu constater que la capsule préserve de l'oxydation, empêche le goût de
bouchon, et offre une grande régularité de qualité (bien supérieure au bouchon liège). Pour les sommeliers, elle facilite le service du vin. Côté développement durable, elle est écologique, car l'alminium est totalement recyclable (cela permet la préservation des forêts). Enfin, elle est esthétique... Cette dégustation comparative de vins à l'aveugle nous a permis de comparer des vins identiques bouchés différemment. On constate que les vins capsulés sont plus expressifs grâce à des réductions aromatiquement plus loquaces. Le bouchon en liège offre des arômes plus en fraîcheur mais moins flatteurs, les vins semblant se rejoindre après aération. Cela s'explique assez bien : la réduction favorisée par un bouchage plus hermétique semble favoriser des notes plus tertiaires ou plus minérales. Les vins évoluent sur la finesse du fruit dans un milieu favorisant plus d'échange, la réduction étant moins marquée.
Sans vouloir généraliser, il n'est pas question d'affirmer que tel ou tel bouchage est supérieur à l'autre mais sur des vins gourmands, nous avons eu la sensation que la capsule induisait une complexification à court terme. Des cépages aromatiques ou très en fruits comme le sauvignon ou le grenache en rouge se sentent à l'aise avec la capsule, alors que des cépages plus réducteurs comme la syrah ou le cabernet sauvignon apprécient le travail de l'oxygène via le liège.
On peut imaginer que le vigneron puisse jouer, avant la mise en bouteille, sur le travail des vins (variation des soutirages ou dosages en SO2 selon les bouchages). L'évolution sur plusieurs années pose cependant plus d'interrogations. Le riesling 2001 a démontré que le vin capsulé avait préservé plus de fraîcheur que son alter égo qui affichait plus d'évolution et des notes plus terpéniques. En Suisse la capsule s'est imposée depuis des années, cependant sur les belles syrah hélvètes les vignerons ont tendance à proposer de plus en plus souvent du liège.
Le savoir-faire et l'expérience du vigneron lui permettront de choisir entre l'un et l'autre bouchage. Ce qui n'empêchera pas la qualité car au final, quel que soit le bouchage si le vin n'est pas bon, il n'y aura pas de miracle !
Marco Bertossi
*La dégustation des vins nous a été proposée par MM. Jacquemont et de Montlaur de la société Stelvin.
Dégustation
Pessac Leognan Château Couhins Lurton 2006 (capsule)
Robe or pâle disque brillant reflets verts
Nez élégant et frais, belle minéralité légère réduction puis coing, miel, violette, épices douces
Bouche vive, grasse, rétro minérale et légerement nuancée d'hydrocarbure
Pai 7 Ă 8 caudalies
Pessac Leognan Château Couhins Lurton 2006 (bouchon)
Robe assez similaire au précédent avec un nez encore sur la réserve, plus axé sur le fruit et moins sur la minéralité. Il évolue sur la poire, les fleurs blanches, zestes oranges
Bouche vive, droite mais néanmoins charnue, rétro fruitée et florale de bonne persistance
* * *
La Louvière 2005 Pessac Leognan (capsule)
Or belle intensité, viscosité moy disque brillant et reflets argenté
Nez belle intensité, légère réduction arômes pétrole, floraux, miéllée
Bouche fraiche, élancée et ronde, rétro miellée de persistance correcte (5 à 6 caudalies)
La Louvière 2005 (bouchon)
robe assez similaire au précédent avec un nez plus fermé, agrumes, minéralité,
Bouche vive et étirée, enrobée par une chair longiligne et une rétro plus citrique d'une persistance correcte (5 à 6 caudalies)
* * *
Chinon Château St Louand 2007 (capsule)
Or de belle intensité, brillance cristalline et refelts verts
Nez frais, ouvert, minéral, pétrole (réduction plus marquée)
Bouche fraîche (malique) grasse et d'une belle pureté minérale
Chinon Château St Louand 2007 (bouchon)
Or de bonne intensité (paraît légèrment plus pâle) disque brillant refelts verts
Nez frais, délicat, ananas, fleurs blanches, minéral (crayeux)
Bouche vive et élancée, bel équilibre, rétro plus exotique, pure et persistante
* * *
Grès de Montpellier Château de Flaugergues 2006 (capsule)
Robe or de belle intensité, cristalline d'aspect jeune, belle fluidité
Nez ouvert, notes grillées et fruits secs puis fraicheur malique, douces touches beurrées (levures)
bouche fraîche, ronde, bonne longueur retro plus minérale
Grès de Montpellier Château de Flaugergues 2008 (bouchon)
(rolle grenache marsane roussane viognier)
Or pâle,disque brillant, limpide et reflets argentés (aspect jeune)
Nez plaisant s'ouvre sur des arĂ´mes frais, poire, pĂŞche, abricot, fleurs blanches
Bouche fraîche ronde et harmonieuse (paraît un peu plus gras)
Longueur moins persistante et finale sur une plaisante amertume
* * *
Riesling 2001 Paul Blanck (capsule)
Belle robe dorée vive belle viscosité
Nez frais bel intensité nèfles, citronné, minéral, belle complexité
Bouche fraîche, ample et savoureuse
rétro de belle complexité et persistant, plus citrique et exotique
Pour ce vin la capsule semble avoir conservé plus de fraîcheur au vin
Riesling 2001 Paul Blanck (bouchon)
Belle robe or lumineuse belle viscosité aspect encore jeune
Nez belle intensité pêche cuite, toffee, beurre, minéralité (pétrole), sous bois frais,
très beau nez ouvert et complexe
Belle bouche fraîche, élancée, chair grasse et élancée, bel équilibre
rétro minérale, toffee, PAI 10
* * *
Grès de Montpellier Château de Flaugergues 2006 (capsule)
(syrah, mourvèdre, grenache) fût 12 mois
Beau grenat belle intensité, legér cordon de CO2 aspect jeune
Nez ouvert, banane cuite (légere reduction et léger acétate), fruits rouges, épices
Bouche fraîche, tanins souples, chair moyenne rétro fruits cuits, épices (5 à 6 caudalies)
Grès de Montpellier Château de Flaugergues 2006 (bouchon)
(syrah, mourvèdre, grenache) fût 12 mois
Belle robe grenat intense, plus vive aspect jeune,
Nez ouvert arômes sur les fruits rouges, confiture de vieux garçon, épices, légère réduction
Bouche fraîche, charnue autour de tanins souples, retro épicée Pai 6 caudalies
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St Emilion grand cru Vieux Larmande 2003 (capsule)
Grenat intense, disque brillant reflets violacés
Nez intense et ouvert arômes fondus fruits noirs (mûre) épices, poivron fumé , torréfié
Bouche fraîche, jolie chair, autour de beaux tanins veloutés
Rétro épicée, toffee, bonne longueur
St Emilion grand cru Vieux Larmande 2003 (bouchon)
Grenat intense, aspect jeune pas trsè différent de l'autre
Nez plus fermé, plus sur le fruit et les épices, touche graphyte
Belle bouche fraîche, belle structure , ample et charnue
PAI bonne
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